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Les jeunes filles l'entouraient lorsqu'il passait près d'elles : par le sourire de leurs lèvres et l'éclat de leurs yeux rieurs, elles essayaient de capter son attention. En vain. Il semblait bien que rien ne parviendrait à éteindre la nostalgie de son âme.
Des mois passèrent, et son rêve demeurait enfermé en son cœur.
Un jour vint où, fatigué de tout et de tous, il décida de partir. Il se leva avant l'aube et quitta son village natal enfoui dans son sommeil et sa tiédeur spirituelle.

Tel un prisonnier qui s'évade, il partit furtivement à la rencontre de sa liberté. Arrivé en haut du chemin qu'il avait gravi dans la montagne, il s'arrêta et se retournant une dernière fois, il aperçut les dernières maisons villageoises blotties les unes contre les autres dans le matin frileux Quelques larmes coulèrent sur ses joues glacées car il sentait qu'il les voyait pour la dernière fois et que jamais plus il ne reviendrait.

Tandis qu'il était là, immobile et pensif, il aperçut soudain un grand vieillard qui se tenait près de lui. Surpris, il le salua avec respect - la haute taille de l'inconnu lui donnait l'apparence d'un grand personnage.

  • Seigneur Étranger, dit le chasseur, qui es-tu ?

L'Homme ne répondit pas tout de suite mais, en souriant doucement, il sortit de dessous son ample manteau blanc une coupe d'argent finement ciselée, elle était pleine d'un merveilleux liquide aux reflets dorés... Il la tendit au jeune homme étonné.

  • Bois, dit-il, car ton corps frissonne dans l'air frais du matin. Ton âme est altérée. Bois à cette coupe et les yeux de ton âme s'ouvriront.

Matthias regarda l'Homme vêtu de blanc qui se tenait devant lui. Il prit la coupe qu'il lui tendait et but d'un trait le merveilleux breuvage qui le désaltéra et fortifia son âme fatiguée. En y regardant de plus près, il s'aperçut avec stupeur qu'à travers l'Homme au manteau, il voyait encore la forme des arbres et les reflets scintillants des eaux du lac au fond de la vallée.

  • Ne sois pas troublé, dit le majestueux vieillard, désormais tu verras la réalité au-delà des apparences !

Matthias répéta sa question demeurée sans réponse : - Noble vieillard, daigne répondre à ma prière ! Dis-moi Ton nom.

- Je suis la Sagesse, répondit-il. Seuls me voient ceux qui me cherchent avec sincérité et persévérance, et aussi ceux qui ont beaucoup souffert ; alors je leur parle, ils entendent ma voix et je les instruis dans le silence.

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